Il était une fois…

Il était une fois, dans un petit village des Vosges, une enfant née un soir de tempête. Elle en hérita le caractère fougueux et impétueux. Elle a traversé les années en y faisant des bêtises, en se détachant de toute relation, car les déménagements l’avaient braquée contre les relations humaines. Jusqu’à ce que son père la ramène dans l’Est. J’avais vécu une première expérience réelle de l’amitié a cognac, mais je n’étais pas assez mure pour l’enrichir suffisamment.

Me voilà donc en lorraine, perdue dans un lycée privée immense et bien trop pompeux a mon goût : partout où se portait mon regard des ‘fils et filles de’ étalaient leur richesse, enfin celle de leurs parents, au travers de marques, de ‘style’ (prononcer staïle). Alors, moi avec mon ‘je-m’en-foutisme’ et mon style classic et discret, j’ai bien vu que je ne m’intègrerai pas trop. Jusqu’à ce que deux filles de ma classe me présentent à une 3°. Appelons là mademoiselle A. Mademoiselle A avait un groupe d’amis parmi lequel j’ai rencontré une certaine mademoiselle M. Entre mademoiselle M et moi, ça a tout de suite été l’amitié pour la vie : les deux meilleures amies du monde, inséparables etc. Cette amitié a duré 6 ans. Il y a un an et demi, mademoiselle M a dit des trucs sur mon grounain qui ne m’ont pas plus. Alors, je m’en suis éloignée. Au même moment, à peu de choses près, j’apprenais que j’avais une maladie génétique incurable, et dont les soins sont pires que le mal. Au même moment, mes parents se chamaillaient tout le temps, la tension était palpable, et ma mère avait prononcé sous le coup d’une colère le mot ‘divorce’. Au même moment je reprenais contact avec la famille de mon géniteur. Et, j’avais besoin de mon amie à qui parler, j’avais besoin de m’épancher. Alors, j’ai essayé de lui parler. Mais, mademoiselle M avait ses propres soucis, ses propres recherches sur elle-même et elle n’a pas su m’écouter, elle n’a pas su voir a quel point j’avais besoin de m’épancher.

Alors, je me suis braquée, je suis redevenue la moi renfermée. J’ai caché ma déprime sous des histoires stupides. Je devais en avoir a peu près une par personne, j’ai passé plus d’un an sous ces faux semblants. Et, mademoiselle M et moi avons finit par en arriver a la dispute qui ne se pardonne pas. J’ai dénigré tout ce qui était important pour elle, et je l’ai tourné en ridicule. J’ai refusé de m’excuser, j’ai craché au visage de celle qui était plus proche de moi que ma sœur.

Au départ, j’ai fait de l’anorexie, que j’ai caché a mes proches par des vêtements amples et des pantalons larges. Sauf que mon doc l’a vu, et m’a fait faire des analyses tous les mois pour vérifier ma santé. Un jour, j’ai reçu un appel de lui en lui disant que, soit j’arrêtais mes conneries, soit dans 6 mois j’étais a l’hôpital avec des perfs dans le bras. J’ai donc réapris a manger, petit a petit, et j’ai trouvé un boulot dans une entreprise de finance. Là, a cause de l’ambiance, je suis retombée dans mes travers, mais dans l’autre sens cette fois : j’ai fait de la boulimie. J’ai prit plus de 20 kilos en quelques semaines. Et, j’ai encore une fois refusé de voir que j’étais malade. Il m’a fallut 6 mois pour accepter que j’avais un problème. C’est la visite de mon amie B qui a commencé à m’ouvrir les yeux. Sa remarque ‘bordel mais qu’est ce que tu as grossis’ me résonne encore dans les oreilles.

C’est en décembre que j’ai enfin ouvert les yeux sur ma situation. J’ai alors commencé bêtement un régime, qui n’a rien réglé, au contraire. En consultant mon doc, il m’a dit de commencer par me rééduquer, nouriturement parlant. Ce que j’ai fait ces derniers mois. J’ai travaillé sur moi, je me suis rouverte un peu, je me suis assagie, j’ai mûris, j’ai corrigé ma mauvaise humeur constante. Aujourd’hui, je suis plus calme, je suis moins chiante, j’ai tout simplement découvert le bonheur. Le bonheur d’avoir un grounain chéri qui m’aime, que j’aime et une vie sereine.

Ha, et j’ai aussi rencontré Madame D, la demoiselle qui poste des commentaires deci delà, qui m’a rassurée sur ma maladie. Au final, ce n’est que mettre un nom sur des choses qui sont normales pour moi. Au final, ce n’est qu’un nom sur des crises fréquentes qui me pourrissent la vie depuis toujours, et que j’ai caché a tout le monde, y comprit ma famille la plus proche.

Cependant, aujourd’hui il est trop tard pour retrouver mon amie, il est trop tard pour rattraper mes erreurs. Elle me manque. Mais, je vis avec : ce sont les aléas de la vie. Et puis, certaines choses ne me manquent pas. Ce qui me manque, c’est l’amitié proche.

ça fait plusieurs semaines que je travaille sur ça, sorte de thérapie pour moi, sorte de besoin de m’épancher pour guérir de moi même. En terminer avec tout ça. En terminer avec mes soucis, surtout ceux avec la bouffe. Car, ils sont loin d’être finis. Car je fais encore des rechutes. Car je me dégoute dans ces moments là. Je suis sale, sale par la bouffe.


http://www.wikio.fr CopyrightFrance.com

  1. Jérôme says:

    Arrette de broyer du noir en ressassant tes souvenirs ou j’viens te boter les fesses fissa ! Nanmého !