Le discours d’un Roi

Quand je suis entrée dans la salle de cinéma, je m’attendais à un bon film, assez marrant. C’est en tout cas ce que laissait entendre la bande annonce. Et bien, non, ce n’est pas du tout ça. Le discours d’un Roi, c’est un film bien plus psychologique qu’il n’y parait. C’est un combat de tous les instants.

Albert, fils du roi d’Angleterre George V, est affublé d’un défaut particulièrement gênant : il est bègue. Etre son frère qui se moque de lui en permanence, son sentiment d’échec de ne pouvoir raconter une seule histoire a ses filles chéries, et son père qui le harcèle pour qu’il dépasse ce ‘petit défaut’, c’est un film qui dénonce qu’il m’a été donné de voir.

Tout d’abord, on dénonce les normes. Quelle n’a pas été ma stupeur d’entendre, que tout garçon, il portait des plaques de métal pour avoir les genoux droits. Qu’il était gaucher, mais que pour un prince, ce n’était pas envisageable. Que sa nourrice le privait de nourriture car elle préférait son frère. Ou encore, que l’épilepsie pouvait être contagieux (bien que ça, a l’époque il eut été normal de le penser, aucune des avancées médicales actuelle n’étant faites pour corriger les choses). Au final, le bégaiement semble être le moindre de ses soucis. Mais, à la mort de son père, et l’abdication de son frère, le voilà devenu Roi. Et, bien obligé de s’exprimer en public.

Pour vaincre sa bouche, il va devoir se découvrir lui même. Dépasser les contraintes qui l’ont régit depuis toutes ces années. Oublier les protocoles, et laisser un australien sans diplômes l’appeler Bertie en lui posant des questions mal placées.

Et, son seul et unique soutient durant toute cette période sera sa femme, jouée par Madame Tim Burton : Helena Bonham Carter. Une grande actrice à mes yeux, qui sait jouer des rôles aussi divers que variés. Ici, c’est elle qui porte le film. C’est elle qui se change en reine, au visage quasiment inexpressif, reflet de la société princière, mais dont les yeux sont un véritable miroir, reflétant chacune de ses émotions, chacune de ses souffrances.

C’est aussi l’histoire d’une amitié, entre deux hommes qui ne se seraient sans doute jamais rencontrés. Lionel Logue, thérapeute du langage, australien, et acteur raté d’un coté. Un prince, vivant dans le confort de son palais, entouré de domestiques et loin, très loin de son peuple. Tout les oppose, et c’est justement ce qui va les rapprocher, et donner à notre roi la force d’avancer.

Hier soir, j’étais tellement plongée dans le scénario, et dans le film, qu’à chaque étape, qu’à chaque mot que Bertie prononçait, je pensais ‘allé, vas y ! Tu peux le faire’. La prestation de Colin Firth est tout bonnement exceptionnelle, et mérite largement les récompenses qu’il a eues. ça doit être un des rôles les plus difficiles à jouer, et il s’en est sortit avec un brio qui m’a laissée sans voix.

Chapeau bas, pour un film qui mérite amplement son 10/10


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