incertitudes

Quand j’étais gamine, j’avais un rêve et un seul : celui d’écrire. J’étais sûre et certaine qu’un jour des gens liraient mes romans et qu’ils aimeraient ça. ça a été ce que j’ai toujours voulu faire. Ce que j’ai toujours fait. J’ai toujours écrit dans mon coin en grandissant, toujours posé des mots sur le papier d’aussi loin que je me souvienne. Ma grand mère a gardé des cahiers avec mes premières histoires. En se basant sur l’écriture et la forme des lettres, je dirais que je devais avoir 6 ou 7 ans pour les premières. Je savais à peine écrire.

Mon imagination, elle a toujours été là. C’est tout ce qui m’a toujours défini. J’ai toujours été la fille bizarre qui préférait écrire des nouvelles dans la marge de ses cahiers – et qui avait même investit dans un cahier entier au milieu du collège – au nez et à la barbe de ses professeurs. Bon, je pense qu’ils l’avaient vu mais… J’avais de bonnes notes, j’étais sage dans mon coin… Je pense qu’ils me laissaient tranquille plus qu’autre chose.

Quoi qu’il en soit, écrire a toujours fait partie de moi. Et, oui. C’est comme ça. J’ai grandis en écrivant, j’ai grandis avec seban, Lucy, scipio, Waya, Althéa, le Maitre, Origine, Luna, Leyna et tous les autres. Ce sont, quelque part, mes amis bien plus que ceux que j’ai rencontrés dans ma vraie vie. J’adore mes amis de la vraie vie, mais j’ai déménagé tellement souvent que je ne suis pas vraiment capable de m’ouvrir totalement aux gens. C’est un autre sujet, cependant.

Il y a quelques semaines, j’ai été à Londres avec une amie. Quelque part, ça a tout changé. Quelque part, j’ai réalisé que… je ne suis pas à ma place ici. Je veux écrire. Je veux créer des choses. J’ai ce besoin presque vital de partager la centaine d’idées que j’ai par jour et de les voir sur écrans, en séries, en films, en … Limite en spots publicitaires. En romans. Je veux les voir prendre vie sous mes doigts, je veux sentir que cette magie dans laquelle je me plonge à chaque fois que j’écris est réel.

Je sers des bigs macs pour survivre. Oui, survivre. Je n’ai pas l’impression de vivre, mais de survivre. De garder à peine la tête hors de l’eau.

Pathétique, hein ?

Depuis que je suis rentrée de Londres, j’ai réellement l’impression d’être un poisson hors de l’eau. Il me suffit de fermer les yeux et je suis à nouveau là bas. A ma place. Avec cet espèce de frisson qui me disait que tout est possible. Je viens de passer trois semaines à réfléchir. A peser les pours et les contres, et finalement… J’ai décidé de tenter le coup, je crois. Je ne veux pas me réveiller à soixante ans, avec trois gosses et six petits enfants en réalisant que je n’ai fais que survivre toute ma vie.

J’ai quitté la quasi totalité des communautés sur lesquelles j’étais sur le net, histoire d’avoir de la place dans mon emploi du temps, du temps justement. Pour le coup, j’ai décidé de m’éloigner de tout ça. Tous sauf une, que je n’arriverais pas à quitter même si je le voulais (coucou l’allée), parce que je les aime trop. J’ai décidé de changer de vie. Je vais mettre de l’argent de côté, je vais demander un visa américain. Et je vais tenter ma chance aux USA.

Le rêve américain, c’est peut être pour moi après tout. On le voit assez dans les films, non ? C’est un monde de requins dans lequel je vais, où tout le monde se bat pour être le meilleur et je dois avouer que je me demande si je vais avoir les épaules pour ça. Malheureusement, je ne peux pas le savoir avant d’avoir essayé. Je ne sais pas vraiment ce qui serait le pire : y aller et me planter ou bien ne jamais tenter.

Quoiqu’en fait, je le sais : y aller et réussir serait le pire. Parce que, je ne sais pas ce qu’il y aura derrière. Je devrais me trouver un nouveau rêve. Devenir la nouvelle Stan Lee ? Je crains que le poste ne soit déjà pris… Dommage, hein ?