Vendredi d’enfer…

Ah, macdo. Franchement, c’est cool. ça paye les factures, ça me permet d’être totalement autonome. Bon, c’est dur, c’est chiant et la plupart du temps, les clients ne sont pas cool. Mais, au moins j’ai un job. C’est loin d’être le job de mes rêves, mais le job de mes rêves m’est inaccessible. Et oui, je ne vais pas pouvoir devenir réalisatrice de films & séries aux USA d’un claquement de doigts.

Ou alors je vais devoir gagner à l’euromillion. Plusieurs fois.

… Quelqu’un a les numéros ? Non ? Bon, tant pis.

Bref. Aujourd’hui, j’ai eu le droit à 12h-21h avec 30 minutes de pause. Autant vous le dire clairement ça a été un enfer absolu.

J’ai commencé « aux frites », avec une tendinite au coude et au poignet, à soulever des panières bien pleines, bien lourdes, et à me dégommer un peu plus le poignet et le coude à chaque fois. Vous allez me dire « non mais pourquoi tu t’es pas plainte, t’es totalement malade de faire ça en étant blessée ». Et la réponse est simple : j’ai abandonné. J’ai totalement abandonné l’idée qu’un jour les managers de Macdo comprendront que j’ai les articulations dans un sale état, et que je ne dois pas soulever de charges. au départ, j’ai essayé vous savez. J’ai vraiment essayé. Je leur ai dit, expliqué, j’en ai parlé au médecin du travail qui leur a fait des mots… Mais ça n’a rien changé. Du tout. Ils y pensaient une semaine, et puis je recommençais à me prendre dans les dents des remarques du genre « arrête de te prendre pour une hypocondriaque » et autres « t’es polyvalente ? alors tu fais ce qu’on te dit. »

Classe hein ?

Bienvenue dans l’esclavage moderne. Des anecdotes de ce genre, je pourrais vous en raconter des centaines. J’ai toujours eu la santé fragile, et dans mes autres boulots, je n’ai jamais eu l’impression que ça gênait, pourtant j’ai fait des trucs physiques…

Mais, ce n’est pas les managers, le pire. Non, le pire ce sont les clients. Depuis que je bosse à Macdo, j’ai développé une empathie incroyable envers la quasi totalité des personnes bossant dans le commerce et la vente. Quand j’étais en librairie, j’en avais, des clients chiants, mais alors là, ça dépasse franchement tout !

La palme du jour, je ne sais pas à qui la décerner, en fait.

Tout d’abord, juste après le rush du midi, quand j’ai pris la préparation des commandes « bornes », j’ai eu pas mal d’attente : sous effectif, une personne par poste là où il aurait fallut en avoir au moins trois, bref. C’est dans ces cas là que vous autres, mes chers clients, attendez vos produits un peu plus longtemps que la normale. Une fille s’est énervée toute seule en parlant avec ses amies parce que ça n’avançait pas, et elle a sortit cette phrase qui est franchement d’anthologie.

« Avec tout ce que j’ai attendus, s’ils ne m’offrent pas quelque chose, je leur fou le feu à la baraque ».

J’ai entendu, évidemment, et sur le coup, j’ai vraiment eu envie de lui hurler dessus. Je pense que les gens qui ne sont jamais passés de l’autre côté du miroir n’ont absolument aucune idée de ce qu’il peut se passer. Quand j’ai des commandes en attente, je suis mal, parce que je sais que le client va s’énerver, mais merde à la fin : JE N’Y PEUX RIEN. Ce n’est pas de MA faute si vos burgers n’arrivent pas. Limite, je ne suis que le messager. On ne tire pas sur le messager. Essayez de vous mettre à ma place deux secondes : je suis toute seule pour faire 8 commandes en même temps, je cours partout pour ramener tous les produits qui n’arrivent pas forcément tous au même rythme ou en même temps, et vous, vous me hurlez dessus ? Et le pire dans tout ça, c’est que je suis censée garder mon calme, parce que c’est, selon le principe macdo, vous autres les clients, qui avez raison.

Pour la fin de l’histoire, la fille qui a sortit ça a eu un grand sourire hypocrite de ma part et un « voilà votre commande bonne journée madame ». Et rien d’offert. Parce que, d’une j’ai pas le droit d’offrir quoi que ce soit, et de deux, quand on réclame – et en plus de cette façon – il est hors de question de donner quoi que ce soit.

La seconde palme du jour revient à cette femme qui a voulu que son Very Parfait soit « comme sur la photo ». Elle arrive en caisse, passe sa commande et pendant que mon collègue encaisse, j’ai lancé la glace. Malheur à moi : j’ai mis le caramel en bas au lieu de mettre le chocolat. Et là, elle m’a arrêté :
– Non mais madame (alors moi c’est Mademoiselle, merci hein.) ce n’est pas ce que j’ai commandé.
– Bah, c’est un very parfait chocolat/caramel.
– Non mais sur la photo, le chocolat est en bas

*gros bug de mon côté, regard sur la droite à mon manager qui fait la même tête que moi*
– Bah, c’est pareil madame, il y a les deux.
– Ha non. Je veux le chocolat en bas moi. s’il n’est pas comme sur la photo ça me dérange et je ne pourrais pas le manger.
– Mais… On m’a toujours dit de mettre le caramel en bas, je vous l’ai fait comme on le vend tous les jours.
– Et bien refaites le. Si le chocolat est en haut ça ne sera pas bon.

Là, j’ai laissé tomber. tout en pensant trèèèèèèèèèèèèèès fort à la façon dont je lui enverrais sa glace dans la figure si je le pouvais, je l’ai refaite. Ensuite, j’ai été voir mon Manager pour lui demander si un client avait le droit d’exiger ça. Sa réponse ? « Je n’en sais rien, mais ça m’a tellement troué le cul d’entendre ça que je ne suis pas sûr de vouloir la réponse »

Vendre son âme au Dieu du Big Mac, parfois, c’est épuisant. VRAIMENT.

  1. ghaanindiewriter says:

    Oh là là! Et moi qui me plains du boulot! Je le ferais plus! Ce serait bien si tu pouvais retrouver un poste en librairie?
    C’est le problème, on se met jamais à la place des autres et on pense qu’à sa gueule… (enfin l’autre avec sa glace, à mon avis c’est pas l’intelligence qui l’étouffe! )
    J’espère que tu trouves quand même le temps d’écrire. C’est ce que je reproche à mon boulot où je dois accumuler les heures supp…
    Courage!!

  2. Pour l’heure, je cherche plus à me diriger dans les RH en fait ^^ ça me brancherait pas mal. Mais, un boulot qui me conviendrait vraiment ce serait quelque chose en rapport avec l’écriture, la réalisation, le cinéma… ce sont les milieux qui me branchent et je n’ai juste pas les « couilles » de tout lâcher pour aller tenter ma chance là bas, à LA où j’aurais plus de chance de réussir qu’en france vu ce que j’écris. C’est pas facile de tout lâcher comme ça.

    Et, oui je trouve le temps d’écrire ! toujours. Ne t’en fait pas =)